Hyper-sollicités, les managers se disent à bout de souffle

Emails, messageries instanées, conf call, réunions… Les managers se disent surexposés et déplorent, dans le même temps, une « dégradation de la qualité des échanges », selon le baromètre Paris Workplace 2019 SFL-Ifop.

Par Guirec Gombert le 10 septembre 2019 extrait de cadreo.com

En première ligne, les cadres et managers frôlent la crise de nerfs. Entre le marteau et l’enclume, surexposés aux tensions internes, ils jugent que leur rémunération « compense tout juste les contraintes de la fonction ». Ils doivent jongler entre les multiples sollicitations de leurs équipes, de leur direction, des réunions qui s’enchaînent et peinent à faire ce pour quoi ils devraient être payés : le management d’équipe.

Des problèmes de concentration

Selon le baromètre Paris Workplace, les managers sont deux fois plus nombreux à échanger des mails et messages instantanés avec plus de 20 collègues par jour (22 % contre 10 % des non managers). Cela entraîne une baisse de la qualité des relations : « 40 % des managers qui échangent mails et messages avec plus de 20 personnes par jour déclarent être « souvent » en tension avec leurs collègues, contre 10% pour ceux qui en envoient à 11 à 20 par jour ».

Autre problème lié à cette hyper-sollicitation, les cadres sont deux fois plus nombreux à faire état d’un manque de concentration et 50 % estiment qu’avec les outils de communication actuels (mails, messagerie instantanée, Slack, etc.), « les gens ne prennent plus le temps de se parler ».

La réunionite, un problème récurrent

40 % des managers jugent qu’il y a également trop de réunions, contre 25% pour les autres salariés. Pour rappel, selon différentes études, les cadres passent, au cours de leur carrière, 16 années en réunion… Pourquoi autant de réunions ? La réponse nous est fournie par cette définition de Wikipédia : « lorsqu’un chef d’équipe a le pressentiment que son équipe risque de disparaître dans une restructuration, il va avoir tendance à multiplier les réunions avec d’autres équipes, et ainsi créer l’illusion d’un travail effectif ». La réunionite, cet art de l’enfumage…

Les managers, au cœur de nombreux conflits

« Les managers se disent deux fois plus souvent en tension avec leurs collègues (21% vs 10% pour les non managers) et avec leurs propres chefs ». Un problème qui touchent essentiellement les subordonnés de moins de 35 ans : 23% se déclarent « souvent » en conflit avec le supérieur hiérarchique.

Une note positive : une majorité des managers pensent que leur opinion compte en entreprise, même si ce sentiment est largement partagé par les non managers.

Peur du licenciement

Le contexte économique a beau leur être favorable, près d’un cadre sur cinq déclare pourtant avoir « souvent » peur d’être licencié, contre 9 % pour les autres salariés. « Un résultat particulièrement élevé, sachant qu’il s’agit du plus gros facteur de stress au travail (84% de ceux qui craignent d’être licenciés sont souvent stressés), devant les mauvaises relations avec les collègues (80%), et le sentiment d’isolement (78%) ».

Des données qui font écho avec une étude publiée par Audencia Business School en 2017, expliquant pourquoi 80 % des salariés ne veulent plus devenir managers. Déjà parce qu’ils jugent que les chefs ne savent pas motiver les équipes, qu’ils manquent de créativité ou de vision mais aussi parce qu’eux-mêmes estiment qu’ils seraient bien incapables de faire mieux que le chef. Et si finalement, les managers mettaient la barre un peu trop haut ?

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